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Benjelloun : «Il existe encore des failles au port»

Jamal Benjelloun Jamal Benjelloun, directeur général du port de Casablanca, revient sur l’affaire de vol des détonateurs qui a défrayé la chronique ces derniers jours. Ce responsable parle de sa politique de gestion du premier établissement portuaire du Royaume. Entretien.


ALM : Dans le sillage du vol des détonateurs dans le port de Casablanca, comment votre direction compte-t-elle faire face à l’insécurité qui règne dans cet établissement ?
Jamal Benjelloun : Le vol des détonateurs est assez complexe et banal en même temps. Banal dans la mesure où ce n’est pas la première fois qu’il y a des vols de marchandises. Mais étant donné que les marchandises concernées se trouvent être des détonateurs, cela a eu un effet dévastateur.  C’est une façon également de tirer la sonnette d’alarme. Cet acte remet, en fait, en question la problématique de l’accès non autorisé au port.  C’est là où se situe réellement le noyau de ce problème. Si ce vol a eu lieu, c’est à cause de la présence indésirée de certains individus à l’intérieur du port. Certains arrivent à s’infiltrer en effectuant des trous dans les murs, d’autres y accèdent par le biais des trains, d’autres encore transitent par des camions de marchandises. Cela fait partie de nos failles certes, mais il y a un renforcement des moyens techniques et humains pour y faire face.

Certains radars ont déjà été installés auparavant. Leur impact n’a donc été d’aucune utilité …
Les mesures que nous avons mises en place auparavant comme l’installation de certains radars ne sont pas suffisantes. Le processus que nous avons lancé doit être aujourd’hui accéléré. Mais pour cela, il faudrait qu’il y ait une mobilisation générale de l’ensemble des autorités portuaires. La responsabilité s’inscrit, en fait, dans une synergie globale. Il faudrait redynamiser cette synergie par le biais de moyens humains et financiers. Ceci servira à remédier à ces failles.

Qu’en est-il de la garde juridique des marchandises ? À qui incombe cette responsabilité ?
Il faudrait savoir qu’une marchandise passe par plusieurs phases. Quand cette marchandise se trouve dans un bateau, elle se trouve sous  l’entière responsabilité de l’armateur. Quand il s’agit de son dédouanement, elle est imputée à l’importateur. En outre, quand cette marchandise est déchargée, elle est sous la responsabilité du navire. Enfin, lorsqu’une marchandise est stockée dans le port, elle est sous la responsabilité de l’exploitation elle-même, à entendre ici l’Office des ports.

On vous reproche d’avoir augmenté la redevance portuaire de 5%. Quelle en  est la raison ?
Ce n’est pas réellement une augmentation de la redevance portuaire. C’est plutôt une révision de 5% du droit de port sur navire. Ce droit de port est payé en fonction de droit de séjour. 
Il ne faut pas oublier qu’avec tous les investissements, la production augmente. Il faudrait donc avoir une compensation. C’est là où agit cette augmentation. Je tiens à souligner que le droit de port n’a pas été révisé depuis 1985. Aujourd’hui avec l’évolution des investissements, nous avons jugé cette augmentation nécessaire.

Pouvez-vous donner plus d’éclairages sur le rôle de la direction du port de Casablanca ?
La mission de la direction du port de Casablanca est entre autres la mise en application de la politique portuaire. La direction est aussi chargée de mettre en place des digues et de livrer des autorisations d’exploitation. La direction a également comme mission de mettre en application la proposition de révision de l’arsenal juridique.

Lorsque le port de Tanger-Med sera opérationnel, ne craignez-vous pas une perte d’influence du port de Casablanca ?
Le port de Casablanca subira certainement une baisse d’influence lorsque Tanger-Med sera opérationnel. Mais il faudrait voir plutôt le côté positif. Tanger-Med stimulera toute l’économie nationale.
Ce sera un véritable levier de développement. C’est une réalité à ne pas nier et les professionnels du secteur n’en seront que ravis. Tanger-Med servira à stimuler la concurrence par rapport à d’autres ports.
C’est aussi une opportunité pour les autres ports. Ils devront, en effet, redoubler d’efforts pour se repositionner et pour être à la hauteur de celui de Tanger.
C’est un défi que le port de Casablanca se doit de relever à l’instar des autres installations portuaires.
Le 03-08-2005
Par : Qods Chabâa
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