| Décès de M. Driss Benzekri, président du CCDH |
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Driss Benzekri nous quitte
Driss Benzekri, un homme clé de la transition démocratique, est décédé à Rabat, le dimanche 20 mai 2007. SM le Roi Mohammed VI a envoyé un message de condoléances à sa famille.
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Driss Benzekri n'est plus. Il est décédé dimanche dans une clinique de Rabat. La maladie a eu raison de l'homme que le sourire n'a jamais quitté et qui est venu à bout de missions des plus ardues. Son décès est la source d'une tristesse incommensurable non seulement pour ses frères et sœurs Hamid, Rachid, Mohamed, Fatima et Fatiha dont il était l'aîné. Mais aussi pour les militants des droits de l'Homme dont il était le grand frère qui a tant encaissé et qui a tant pardonné. Pardonné les années de jeunesse passées derrière les barreaux, mais aussi les coups bas des siens animant la frange nihiliste. Sa disparition est ressentie, au plus haut niveau de l'Etat, comme une "grande perte". Et pour cause. Driss Benzekri a été au cœur du chantier de la réconciliation au Maroc ouvert grâce à la volonté du Souverain et les bonnes volontés désireuses de tourner la page pour passer à non moins important pour le pays. Quand Driss Benzekri quitte la prison, après 17 ans passés à l'ombre pour avoir appartenu à "Ila Al Amam", il ne se doutait pas qu'il allait devenir un jour l'un des principaux architectes d'un Maroc réconcilié où qu'il allait orchestrer, dans quelques années, ces célèbres auditions publiques qui allaient faire le tour des télés du monde. En janvier 2004, ce natif de Aït Ouahi près de Tiflet, est nommé à la tête de l'Instance Equité et Réconciliation. Quelques mois d'efforts esquintants plus tard, il livrera sa copie au Souverain qui ordonne sa publication. Une page est tournée, d'autres chantiers sont ouverts. Avant la fin de son mandat à la tête de l'IER, feu Benzekri est nommé à la présidence du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH). Mission qu'il a continuée à assumer jusqu'à son décès. Driss Benzekri, en plus de son parcours militant, était un assoifé de la connaissance et de la recherche. Expert reconnu en phonologie et syntaxe de la langue amazighe, il obtient un diplôme de l’Université Aix-Marseille avant d'attaquer un magistère en droit international de l’université d’Essex en Grande-Bretagne. Fort de ce parcours, il renforce sa renommée par multiples travaux de terrain et dont une recherche sur le processus de création du Tribunal pénal international (TPI) comme il prend partie aux activités du groupe de travail onusien sur les disparitions forcées. Travailleur acharné, Driss Benzekri était un grand connaisseur des aspects de la justice transitionnelle. Il était également membre fondateur et ancien responsable de plusieurs ONGs (OMDH, FVJ, Amnesty Maroc, Espace Associatif…). Dans le feu de l'action, il a toujours gardé un calme légendaire. Il passait outre les attaques personnelles pour consacrer de longues journées, souvent des nuits aussi, à travailler. Driss Benzekri aimait le travail parfait et s'y donnait à fond quitte à ne pas manger de la journée. Mais aussi à partager les quelques gorgées du thé qu'il affectionnait tant avec ses collaborateurs et non moins compagnons. Au siège du CCDH à Rabat, il était toujours à l'heure et toujours disponible pour recevoir doléances et accélérer tel ou tel autre dossier. L'homme se moquait des apparences et il tient à faire des apparitions publiques avec un crâne dégarni après quelques séances de chimiothérapie. Le printemps 2006, ses problèmes de santé se font plus insistants et il fait de fréquents déplacements en France pour les soins nécessaires. Sans toutefois jamais prendre de réelles vacances. Ce mardi, jour où une convention sera signée pour assurer la couverture médicale aux victimes des violations des droits de l'Homme, l'un de ses ultimes chantiers, Driss Benzekri ne sera pas présent et ne pourra pas écouter les échos rapportés par un ami. Après la prière d'Addohr, il sera inhumé à Aït Ouahi près des siens. La paix dans l'âme.
Hommage royal à un brave militant
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a rendu un vibrant hommage à Driss Benzekri. Le Souverain a loué le sens du devoir dont a fait preuve le défunt président du CCDH. «Sa disparition est assurément une grande perte, non seulement pour votre famille, mais aussi pour le Maroc tout entier, pour le Conseil consultatif des Droits de l'Homme tout particulièrement, instance dont Nous lui avions confié la présidence, mission qu'il a accomplie avec honnêteté et abnégation, qu'il a assumée dans la fidélité aux valeurs nationales et aux principes universels, pour le triomphe des causes justes se rapportant au respect des droits de l'Homme», lit-on dans le message de condoléances adressé par le Souverain à la famille du défunt militant. Pour Sa Majesté le Roi, «Le souvenir de ce grandissime regretté de la Nation restera vivace dans Notre mémoire, au regard de sa remarquable contribution à l'oeuvre efficiente et historique menée à la tête de l'Instance Equité et Réconciliation, qui a été un jalon essentiel dans le processus de transition démocratique que Nous menons». Sa Majesté le Roi Mohammed VI a loué les qualités du défunt, «symbole vivant de l'engagement, de l'audace et de l'altruisme» au service des intérêts de la Nation. «Le courage et l'audace avec lesquels il a fait face à la maladie, en restant digne, convaincu du caractère inéluctable de la volonté divine, assumant jusqu'au bout ses fonctions, avec rigueur, optimisme et un sens élevé de la responsabilité. Les arbres meurent en étant debout», lit-on encore dans le message royal à la famille Benzekri. Pour le Souverain, la meilleure manière de rendre hommage au défunt est de persévérer dans la voie de la construction pour la consécration des droits de l'Homme dans un pays fort de ses forces vives, de ses institutions et du sens de la citoyenneté responsable. «En partageant votre tristesse en cette douloureuse circonstance, Nous vous affirmons que la grande estime et la sollicitude particulière que Nous nourrissons pour le défunt, n'ont d'égal que notre souci de maintenir cette même sollicitude et cette même estime à sa famille qui a offert à la Nation un si grand militant, un responsable engagé, sincère et fidèle», conclut le Souverain en hommage d'un brave homme que la maladie a ravi aux Marocains.
• M.B.
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| Le 21-05-2007 |
| Par : Mohamed Boudarham |
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