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Société à l’amiable

© D.R

En décidant d’instituer le 9 décembre comme Journée nationale de la médiation de service public, SM le Roi Mohammed VI ne fait pas qu’ajouter une date au calendrier institutionnel.

Le Souverain ancre davantage dans la durée une tradition profondément marocaine : celle de régler les différends non par la confrontation, mais par l’écoute, la sagesse et l’équité. Cette démarche s’inscrit dans un long cheminement, depuis la création de Diwan Al Madhalim en 2001 jusqu’à la constitutionnalisation de l’Institution du Médiateur comme garante de la primauté du droit, de la transparence et de la moralisation du service public.

Car la médiation, au Maroc, n’est pas une invention contemporaine. Bien avant les tribunaux modernes, la société vivait sous le signe d’une justice sociale qu’incarnaient des personnes dites d’autorité morale : le cheikh qui apaise les tensions, le mohtassib qui veille à la probité des marchés, l’amine qui arbitre entre artisans et clients. Cette «justice de l’amiable et du bon sens» privilégiait la réparation plutôt que la sanction, la paix sociale plutôt que la victoire d’une seule partie.

L’institutionnalisation de cette culture n’a donc rien d’artificiel. Elle prolonge une tradition qui a façonné le vivre-ensemble marocain. Dans le monde des affaires, la médiation et l’arbitrage se sont déjà imposés comme des garanties de confiance et de sécurité économique. Dans l’action publique, ils deviennent une nécessité : non pour gérer des plaintes, mais pour instaurer un réflexe d’écoute active, comprendre avant de répondre, prévenir avant de corriger.

Cette nouvelle Journée nationale dédiée à la médiation offrira chaque année un moment de réflexion collective sur les bonnes pratiques, les comparaisons internationales et les voies de progrès. Elle sera aussi et surtout une occasion pour rappeler que la modernisation de l’État ne se mesure pas seulement en lois et procédures, mais dans la capacité de l’administration et des institutions à redevenir un espace d’équité, d’écoute et de réparation — fidèle à l’esprit de médiation qui, depuis des siècles, constitue l’un des piliers silencieux de la cohésion marocaine.

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