Attias : «La chirurgie plastique se porte bien»

La chirurgie esthétique connaît une demande croissante au Maroc. Le Pr marocain Patrice Attias, chirurgien plastique installé à Casablanca, nous parle de cette discipline. Entretien.
Aujourdhui.ma | 9-12-2005 à 12:00:00
Par ALM
Patrice Attias, chirurgien plastique
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ALM : Depuis combien de temps pratiquez-vous la chirurgie esthétique ?
Patrice Attias : Depuis vingt ans. J’ai commencé ma carrière au Brésil, puis j’ai par la suite exercé à Nice en France. Enfin, cela fait quatre ans que je suis installé au Maroc, pays où je suis né.

Votre parcours est plutôt atypique ?
J’ai suivi mes études de médecine en France et obtenu mes diplômes à Montpellier. Puis, pour la spécialisation en chirurgie esthétique j’ai choisi le Brésil qui est un pays célèbre pour la rigueur et le professionnalisme de son enseignement en la matière. Après mes études aux côtés du Professeur Ivo Pitanguy, j’ai exercé à l’hôpital universitaire de Rio de Janeiro. Puis, je me suis installé dans le sud de la France, où je suis resté pendant six ans avant de rentrer au Maroc.

Pourquoi ce retour après toutes ces années d’absence ?
La nostalgie et la famille. Je trouvais ce retour très intéressant dans la mesure où j’allais à la rencontre d’une nouvelle clientèle, dans un pays où je me sentais enfin chez moi. Cela ne pouvait être que bénéfique. De plus, j’étais curieux de connaître les exigences des patients marocains, après avoir acquis une longue expérience d’abord brésilienne, puis française. Enfin, il est toujours bon de rentrer chez soi pour se ressourcer. Mais j’ai tout prévu sauf le drôle d’accueil que j’allais recevoir…

C’est-à-dire ?
Nous sommes dans le pays de la rumeur ! On a inventé sur mon compte des histoires aussi abracadabrantes que scabreuses. J’ai d’abord eu quelques difficultés à comprendre ce type de mentalité et l’indignation me submergeait. Aujourd’hui, je trouve cela plutôt amusant. Il est étonnant de vérifier à chaque fois le manque d’amour des gens du Maroc pour leur pays. Si l’un de nous revient au Maroc après une belle carrière à l’étranger, c’est qu’il a nécessairement quelque chose d’horrible à cacher ! C’est pitoyable.

Parlez-nous de vos patients. Dans quelle catégorie sociale se recrutent-ils ?
En matière de chirurgie esthétique, les catégories sociales n’existent pas. Toutes les femmes et certains hommes ont le désir un jour ou l’autre d’empêcher le vieillissement, de corriger des cicatrices d’enfance, etc. Je reçois donc tous types de patients, y compris des femmes très religieuses, voilées, avec leurs époux. Les patients marocains sont très exigeants et savent parfaitement ce qu’ils veulent. Le seul problème qui parfois se pose, c’est l’attente irréaliste de certaines personnes par rapport aux résultats espérés. Ces personnes prennent le chirurgien esthétique pour un magicien, ce qu’il peut être dans certaines conditions, mais pas dans toutes. Il faut donc accepter les conseils du chirurgien quand il déconseille une intervention. Enfin, il existe une classe sociale qui croit tout savoir en la matière, ce sont les patients les plus difficiles car il n’est pas aisé de leur faire comprendre qu’ils ne savent rien… Les patients doivent comprendre qu’en amont, le chirurgien est là pour les écouter et les guider vers ce qui est réalisable.

Pour quel type d’opération êtes-vous le plus sollicité ?
Pour tous les types d’interventions. Liposuccions, plastie de la poitrine, opération qui pour certaines femmes, dont le volume des seins est trop important, peut se révéler un véritable soulagement. Un retour à une vie normale et sportive.

Qu’en est-il de la chirurgie de la face ?
Généralement les patients ont peur de la chirurgie de la face et le lifting ne leur paraît pas anodin. En ce qui me concerne, je pense que le lifting est la plus belle des interventions en chirurgie esthétique. Elle permet aux patients de retrouver l’apparence qu’ils avaient dix ou quinze ans auparavant. Cette technique de rajeunissement évolue sans arrêt. Aujourd’hui, on opère un lifting sous anesthésie locale, ce qui a souvent pour effet de calmer l’angoisse du patient.

Au Maroc, le tourisme esthétique a-t-il de l’avenir ?
Oui, je le pense. Les prix y sont moins élevés qu’en France, ce qui est un bon argument d’appel pour cette clientèle étrangère qui a envie de se faire prendre en charge intégralement sans dépenser des fortunes. Ce voyage de beauté est souvent pour celle-ci la réalisation d’un rêve exotique, avec un beau séjour à la clé. Pour que ce type de tourisme soit réussi, il est très important d’établir au préalable un véritable contact avec le futur patient, afin de cerner sa demande très exactement. Quand tout est dit et bien pensé, on fait venir ce patient et on le prend en charge du début jusqu’à la fin de son séjour. Il est également très important de maintenir le contact après son retour chez lui, pour connaître toutes les suites opératoires. En un mot, faire preuve de professionnalisme, afin de pérenniser les relations privilégiées avec cette clientèle étrangère qui ne nous connaît pas et dont il faut donc mériter la confiance.

Comment voyez-vous la chirurgie esthétique au Maroc ?
Elle se porte bien. Le Maroc a la chance d’avoir de bons praticiens.

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