Journal marocain, quotidien marocain d'informations générales
Recherche

Recherche avancée

Mon journal  Mon journal :  S'identifier  |  S'abonner
Accueil Newsletters Archives Sectoriels Dossiers Régions
 Accueil » Rissani   |    Facebook    Twitter    Google +   

Rissani    
L’urbanisme à l’épreuve du social

Les bidonvilles, une tache noire dans le projet urbanistique marocain. Si l'urbanisme officiel a longtemps représenté les bidonvilles comme une "ville en négatif", la réalité de cet espace est plus complexe. Une étude de l’universitaire Reda Benkirane sur le recasement des habitants des carrières Ben M’sick apporte un éclairage inédit sur la problématique de l’urbanisation de Casablanca. Morceaux choisis.
«Bidonville et recasement, modes de vie aux carrières Ben M’sick (Casablanca) » est l’intitulé d’une intéressante étude de l’universitaire Réda Benkirane, de l’Institut universitaire d'études du développement (IUED), à Genève. Le travail de M. Benkirane propose une lecture inédite de la philosophie qui guide l’élargissement des grandes villes marocaines, à travers une étude de cas du recasement du bidonville de Ben M’sick. L’auteur tente de démontrer comment cette vision ignore un aspect central dans le processus urbanistique : le social. Relatant les étapes de son enquête, celle-ci prend comme point de départ sa fréquentation d’un groupe d’architectes dont certains parmi eux étaient responsables du chantier de la ville nouvelle Moulay Rachid. Premier constat: l’énorme décalage qui sépare les concepteurs et destinataires du recasement.
L’auteur explique qu’au-delà de la compétence et de la motivation des architectes en question, c'était l'abstraction faite des habitants qui contrastait avec leur connaissance parfaite de la topographie des lieux, du cadre à bâtir, des prévisions du schéma directeur, et même de la toponymie de l'espace bidonvillois. L'habitant était évoqué d'un point de vue assez caricatural, notamment à travers de quelques scènes et observations "caractéristiques" (progéniture nombreuse, ruralité marquée, illettrisme, délinquance latente). Pour étayer son propos, l’auteur s’emploie à rappeler les problématiques- clés de l'urbanisation de Casablanca. Pour lui, la situation géographique, l'échelle physique de la ville, la typologie de l'habitat, l'écart de densité et de niveau de vie des quartiers, l'histoire récente de cette mégalopole et son interaction avec le reste du pays, tout cela montre la difficulté d'appréhender au travers d'une seule grille d'analyse l'ensemble du processus de l'urbanisation. La question des bidonvilles est la partie immergée de l'iceberg. L'urbanisme officiel a longtemps représenté cet espace comme une "ville en négatif", de même le Casablancais moyen a, lui aussi, perçu son concitoyen bidonvillois comme "quelqu'un qui vit derrière le soleil". Mais la réalité est plus complexe que les représentations de certains acteurs sociaux. À l'intérieur même de la population bidonvilloise, il existe une grande diversité. Celle-ci s'exprime par des niveaux de vie, les origines culturelles, le type d'activité, la taille et la structure familiales, les modes d'accès au logement, etc.

La problématique du chercheur consiste à appréhender le milieu bidonvillois de Ben M’sick alors qu'il fait l'objet d'un programme de recasement de population.
Ce bidonville devrait objectivement disparaître pour laisser à un quartier nouveau, déplacé dans le temps (plusieurs étapes étalées sur une décennie) et dans l'espace (déplacement de population vers l'extrême périphérie des communes urbaines de la préfecture). Ici, il ne s'agissait pas d'évaluer un projet de développement au sens classique du terme. Ce qui intéressait l’auteur, c'était de connaître les demandes et aspirations des principaux intéressés en matière d'habitat et comment ils percevaient le projet Moulay Rachid. L’étude reposait donc sur une hypothèse de travail : le recasement vers la cité Moulay Rachid ne correspond pas aux aspirations socioculturelles des habitants. Même si les habitants ont assuré les 75% du financement du projet, ils se sont vus malgré tout largement ignorés quant à la conception du projet.
L’auteur explique que le concepteur du projet va répondre non pas tant à des demandes spécifiques émanant de l'habitant mais entreprend plutôt d'inventer des besoins qui puissent être satisfaisants par ses choix urbanistiques. Il ne connaît pas l'habitant sous l'angle sociologique, il le perçoit essentiellement d'un point de vue statistique. Taille moyenne du ménage, revenus du ménage, taux d'occupation par baraque, nombre de familles par numéro de baraque, densité à l'hectare, densité du cadre bâti (en zribat)... Voilà quelques-uns des indicateurs qui ont permis aux auteurs du projet Moulay Rachid de mettre définitivement en équation les habitants de ce bidonville mythique. A lire absolument.
Le 23-04-2004
Par : Youssef Chaoui
ImprimerImprimer | Envoyer à un ami(e)Envoyer à un ami(e) | Format PDFFormat PDF


  A lire aussi :

  Dernière Minute

 El Othmani en visite officielle en Espagne

 Activia défie ses consommateurs

 Le niveau «Investment grade» attribué au Maroc confirmé

Toutes les dépêches

Les Petits Déjeuners de l’Excellence
M. Belhaj

Les Petits Déjeuners de l’Excellence : les défis économiques de l’Oriental
Newsletter
Mon journal

Chaque matin les titres d'Aujourd'hui Le Maroc en avant première dans votre boite e-mail.

  
Régions

- Laâyoune : 43.350 affaires jugées au niveau de la Cour d’appel en 2011
- Tétouan: 315 millions DH pour réhabiliter l’ancienne médina
- Oriental : Le conseil régional tient sa 1ère session 2012


Qui sommes-nous ? | Publicité | Job | Nous contacter | Espace lecteurs | Service clients Aujourdhui.ma | Favoris |

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Aujourd’hui le Maroc 2012.Powered by : Arcanes Technologies